Présentation

Après des études supérieures en lettres modernes, j'ai effectué un retour à la terre dans les années soixante-dix, me consacrant au maraîchage puis à l'oléiculture. www.adolive.com 

Inspirée par cet arbre mythique qu'est l'olivier, j'ai éprouvé le besoin de décrire la relation qui nous unit afin de transmettre les leçons de sagesse, d'amour et de beauté, qu'il insuffle à ceux qui se donnent la peine de l'aider à prospérer.

A la parution de mon premier livre j'ai adhéré à  l'association internationale des écrivains et artistes paysans (AEAP), que j'ai l'honneur de présider aujourd'hui.
Site: www.ecrivains-paysans.com 
Blog: http://blog.ecrivains-paysans.com 

Vous trouverez ici mes publications que vous pouvez vous procurer également sur notre boutique en ligne (France métropolitaine uniquement), ainsi que l'annonce des manifestations auxquelles je participe.

Merci de votre visite, n'oubliez pas qu'un petit message, laissé sur la page contact, me fait toujours plaisir.

A bientôt,

Jacqueline

 

 

La France agricole La France agricole [1.246 Kb]

Un texte de temps en temps, selon l'humeur du moment

En hommage à Jacqueline Nonon qui nous a quittés cette année juste après la journée du Droit des femmes auquel elle a consacré sa vie

Femmes de Méditerranée

Dans notre civilisation occidentale l’être humain est grossier. Chaque matin il oublie de remercier la Terre d’avoir continué à tourner pendant son sommeil et le Soleil de s’être levé, une fois de plus. Cela lui semble normal, banal.

De même, autour du Bassin méditerranéen le travail de la femme, souvent invisible, est rarement gratifié. Qui songerait à s’émouvoir des heures de préparation et de l’ingéniosité requises par le fumet du ragoût qui, en une seconde investit la table pour le plaisir de tous ? Et pourtant, que serait notre culture méditerranéenne sans la Moussaka, les Canistrelli, le Couscous, le Moussareh, la Mechouia, la Bouillabaisse, le Fiadone, la Pizza, les Figatelli, la Pissaladière, la Soupe au pistou et l’omelette au Brocciu? (j'en passe et des meilleures)

En outre, lorsqu’elle n’est pas reléguée à ses fourneaux, la femme rurale se consacre à bien d’autres tâches, tout aussi invisibles, tout aussi discrètes, tout aussi efficaces, prenant une part active aux travaux des champs, au conditionnement des produits, à la commercialisation, à la tenue des comptes, tout en s’occupant de la maison et des enfants, autant de tâches aussi éreintantes qu’indispensables.

Les avez-vous vues, agenouillées au sol pour ramasser les olives tombées, que ce soit en Syrie, à Delphes ou au Maroc ?

Ces paysannes, l’olivier m’a permis de les rencontrer. Mon implication dans l’oléiculture m’a conduit à participer à la création d’un Carrefour européen de femmes rurales, à intervenir dans quelques colloques de femmes rurales en Sardaigne et dans le Sud de l’Italie, à travailler main dans la main avec les femmes palestiniennes, à enseigner les bonnes pratiques de l’oléiculture aux femmes d’Algérie. Mais aussi, à titre personnel, à les côtoyer sur les marchés, dans leurs maisons, aux champs ou sous les oliviers.

Qu’elles soient vêtues de noir, voilées ou court vêtues, ou encore éclatantes dans les robes kabyles aux couleurs de genêt et de coquelicot, je les ai vues, ces femmes, droites et fières, ancrées dans leurs traditions, portant fièrement la mémoire de leur terre de mère en fille, comme elles portent leur enfant, et pourtant complètement tournées vers un avenir meilleur. Je les ai vues se regrouper, créer des réseaux associatifs et coopératifs, mener des projets de développement, pour mettre en valeur leur terroir, faire la promotion de leur culture, partager leurs savoir-faire, afin que leurs jeunes puissent encore vivre heureux au pays.

Dans cette Méditerranée en proie aux pires tempêtes, agitée de vagues parfois déchaînées, trop souvent fatales, elles consolident leurs bases pour construire un avenir de paix. Elles prennent en main leur destin.

A Ramallah, I’m Ramez m’a dit : « A femme palestinienne rien n’est impossible ».

A Tizi Ouzou, Mohamed m’a confié : « Le peu d’espoir qui me reste en l’avenir de mon pays, je le place dans la volonté des femmes. »

J’ai pensé alors à mes ancêtres, ces femmes-esclaves exploitées dans les rizières du Piémont. J’ai pensé à leur révolte qui commença par cette chanson qu’elles ont composée et qu’elles ont eu le courage d’entonner dans leur mouvement de grève, cette chanson qui plus tard sera reprise pour devenir le chant des partisans :

Alla mattina appena alzata

Alla mattina, appena alzata,

O Bella ciao, bella ciao, bella ciao, ciao, ciao,

Alla mattina, appena alzata,

In risaiami tocca andar.

 

E tra gli insetti e le zanzare,

O Bella ciao, bella ciao, bella ciao, ciao, ciao,

E tra gli insetti e le zanzare,

Duro lavoro mi tocca far.

 

Il Capo in piedi col suo bastone,

O Bella ciao, bella ciao, bella ciao, ciao, ciao,

Il Capo in piedi col suo bastone,

E noi curve a lavorar.

 

O mamma mia, o che tormento,

O Bella ciao, bella ciao, bella ciao, ciao, ciao,

O mamma mia, o che tormento,

Io t'invoco ogni doman.

 

Ma verra' un giorno che tutte quante

O Bella ciao, bella ciao, bella ciao, ciao, ciao,

Ma verra' un giorno che tutte quante

lavoreremo in liberta'.

Le matin, dès le lever,

Oh belle, b'jour, belle b'jour, belle b'jour,

Au matin, dès le lever,

En rizière il faut aller.

 

Et parmi les insectes et les moustiques,

Oh belle, b'jour, belle b'jour, belle b'jour,

Et parmi les insectes et les moustiques,

Je dois faire un dur travail.

 

Le chef debout avec son bâton,

Oh belle, b'jour, belle b'jour, belle b'jour,

Le chef debout avec son bâton,

Et nous recourbées à travailler.

 

Oh ma mère, oh quel torture

Oh belle, b'jour, belle b'jour, belle b'jour,

Oh ma mère, oh quel torture

Je t'invoque chaque lendemain

 

Mais viendra le jour où complètement toutes

Oh belle, b'jour, belle b'jour, belle b'jour,

Mais viendra le jour où complètement toutes

nous travaillerons en liberté

 

 

Commandes

Commandes - Jacqueline Bellino

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